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         <journal-id journal-id-type="publisher-id">PALEVO</journal-id>
         <issn>1631-0683</issn>
         <publisher>
            <publisher-name>Elsevier</publisher-name>
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         <article-id pub-id-type="pii">S1631-0683(05)00004-7</article-id>
         <article-id pub-id-type="doi">10.1016/j.crpv.2005.01.002</article-id>
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            <subj-group subj-group-type="type">
               <subject>Research article</subject>
            </subj-group>
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               <subject>Paléontologie humaine et préhistoire</subject>
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            <article-title>Abrasion dentaire et travail spécialisé dans la population natoufienne de Mallaha (Israël)</article-title>
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                  <surname>Bocquentin</surname>
                  <given-names>Fanny</given-names>
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               <email>f.bocquentin@anthropologie.u-bordeaux1.fr</email>
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                  <sup>a</sup>
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                  <surname>Sellier</surname>
                  <given-names>Pascal</given-names>
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                  <surname>Murail</surname>
                  <given-names>Pascal</given-names>
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                  <sup>a</sup>
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               <aff>
                  <label>a</label> Laboratoire d’anthropologie des populations du passé, UMR 5199–PACEA, université Bordeaux-1, 33405 Talence cedex, France</aff>
            </aff-alternatives>
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         <volume>4</volume>
         <issue seq="5">4</issue>
         <issue-id pub-id-type="pii">S1631-0683(05)X0024-0</issue-id>
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         <lpage content-type="normal">357</lpage>
         <history>
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            <date date-type="accepted" iso-8601-date="2005-01-03"/>
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            <copyright-statement>© 2005 Académie des sciences. Published by Elsevier B.V. All rights reserved.</copyright-statement>
            <copyright-year>2005</copyright-year>
            <copyright-holder>Académie des sciences</copyright-holder>
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                        Full (PDF)
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         <abstract abstract-type="author">
            <p>Sur l’ensemble de la population de l’Épipaléolithique levantin (13000–9500 av. J.-C.) examinée, deux individus, qui appartiennent à la phase ancienne de l’occupation du site de Mallaha, témoignent d’une utilisation intensive de leurs dents comme outils. Bien que cette pratique ait souvent été suggérée pour des populations plus anciennes, il s’agit ici du plus ancien cas décrit qui soit incontestable. La morphologie de cette usure dentaire est étudiée dans une perspective fonctionnelle et des hypothèses sont proposées sur la nature du travail effectué. Une répartition des tâches au sein des chaînes opératoires semble acquise. .</p>
         </abstract>
         <trans-abstract abstract-type="author" xml:lang="en">
            <p>
               <bold>Tooth abrasion and task activity in the Natufian population of Mallaha (Israel).</bold> Of the Levantine Epipalaeolithic population studied (13000–9500 cal BC), two individuals belonging to the early phase of occupation of the Mallaha site reveal intensive use of their teeth as tools. Although it was often suggested that ancient populations had such practice, we described in this study the oldest undeniable case. The morphology of this dental wear is studied from a functional point of view and hypotheses are put forward as to the type of work carried out. A sharing of tasks within the production <italic>chaînes opératoires</italic> appears to be established. .</p>
         </trans-abstract>
         <kwd-group>
            <unstructured-kwd-group>Natoufien, Dents outils, Abrasion occlusale, Stries, Israël</unstructured-kwd-group>
         </kwd-group>
         <kwd-group xml:lang="en">
            <unstructured-kwd-group>Natufian, Tooth use, Occlusal abrasion, Microwear, Israel</unstructured-kwd-group>
         </kwd-group>
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               <meta-name>presented</meta-name>
               <meta-value>Présenté par Yves Coppens</meta-value>
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         </custom-meta-group>
      </article-meta>
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      <sec>
         <p>
            <disp-quote>
               <p>
                  <italic>« Le premier et le plus naturel objet technique, et en même temps moyen technique de l’homme, c’est son corps</italic>. »</p>
               <p>Marcel Mauss, 1936 <xref rid="bib20" ref-type="bibr">[20]</xref>
               </p>
            </disp-quote>
         </p>
      </sec>
      <sec id="sec1">
         <label>1</label>
         <title>Introduction</title>
         <p>Malgré une certaine réticence sociale, il n’est pas rare aujourd’hui que nous utilisions nos dents, les incisives en particulier, pour couper ou maintenir un objet. Les sociétés du passé faisaient une utilisation des dents bien plus intensive que la nôtre et l’ethnologie a parfois décrit la denture comme une véritable troisième main <xref rid="bib23" ref-type="bibr">[23]</xref> and <xref rid="bib26" ref-type="bibr">[26]</xref>. Davantage encore, la denture peut être utilisée comme un outil spécifique où le rôle mécanique des dents ainsi que le rôle chimique de la salive sont mis à profit pour transformer les qualités d’un matériau et modifier sa forme. Ce travail, lorsqu’il est continu et effectué par des gestes répétitifs, laisse sur les dents des traces qui se distinguent d’une usure normale due à la mastication. Nous avons cherché à reconnaître une telle utilisation spécialisée des dents dans la population natoufienne qui a occupé le Sud-Ouest du Levant à la fin de l’Épipaléolithique entre 13000 et 9500 av. J.-C <xref rid="bib2" ref-type="bibr">[2]</xref>.</p>
      </sec>
      <sec id="sec2">
         <label>2</label>
         <title>Matériel étudié et contexte archéologique</title>
         <sec>
            <p>Le corpus étudié compte 358 individus, qui représentent la quasi-totalité de cette population natoufienne mise au jour. Nous avons répertorié 18 individus, parmi les 235 dentures conservées fonctionnelles (représentées par 319 dents déciduales et 3191 dents permanentes), pour lesquels l’usure dentaire se distingue d’une usure normale <xref rid="bib4" ref-type="bibr">[4]</xref>. Ces individus sont issus de différents groupes ; leur répartition par sexe est comparable à la répartition globale. Le plus jeune sujet est un adolescent. Dans la majorité des cas, les stigmates observés sont peu marqués et témoignent d’une activité non alimentaire exceptionnelle ou débutante. Deux individus, cependant, montrent une utilisation fréquente de leurs dents dans des activités que l’on va chercher à définir. Ces individus proviennent tous deux de l’occupation la plus ancienne de Mallaha (11700 et 11300 ans BP) <xref rid="bib32" ref-type="bibr">[32]</xref>, un site majeur dont l’occupation a perduré pendant plus de 1500 ans. Ils étaient inhumés à proximité l’un de l’autre, dans le secteur de l’abri 131, et reposaient sur leur côté droit, les genoux fléchis et la main gauche ramenée contre le front <xref rid="bib28" ref-type="bibr">[28]</xref>.</p>
         </sec>
      </sec>
      <sec id="sec3">
         <label>3</label>
         <title>Une abrasion dentaire exceptionnelle</title>
         <sec>
            <p>Ces deux sujets, de sexe masculin <xref rid="bib4" ref-type="bibr">[4]</xref>, sont parmi les plus éprouvés de la population d’un point de vue articulaire ; l’un d’eux (H98) est atteint d’une maladie hyperostosique (DISH), qui confirme qu’il s’agit d’un individu âgé. Le fort degré d’usure dentaire ainsi que la fréquence des pertes ante mortem de ces deux individus sont comparables aux autres individus âgés de la même population, mais l’usure par abrasion que nous allons décrire leur est spécifique.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>H92 a perdu de nombreuses dents avant sa mort, essentiellement des dents postérieures. Le degré d’usure est particulièrement remarquable sur les incisives inférieures, pour lesquelles seul un mince liseré d’émail subsiste sur le bord vestibulaire. Les racines, recouvertes de dentine secondaire, font office de surfaces occlusales et chacune d’entres elles est creusée par un sillon transversal (<xref rid="fig1" ref-type="fig">Fig. 1</xref>). Les bords de ces sillons ne sont pas parallèles, mais s’ouvrent, et parfois débordent sur la face mésiale. Systématiquement, en arrière du sillon, on observe une surface polie qui s’étend jusqu’au parodonte, en conservant une obliquité proche ou identique à celle du sillon lui-même. Dans le cas des incisives latérales, cette surface polie déborde sur les canines adjacentes qui, par ailleurs, ne présentent pas d’autres stigmates remarquables. Les prémolaires ne présentent rien de particulier non plus, ni les molaires, à l’exception d’un petit fragment conservé de racine de la seconde molaire droite, dont la face mésiale est abrasée perpendiculairement au plan masticatoire (<xref rid="fig2" ref-type="fig">Fig. 2</xref>). Les incisives du maxillaire, contrairement à ce que l’on pourrait attendre, ne montrent pas d’usure complémentaire aux sillons inférieurs. Seule la deuxième molaire droite montre un poli très net, facetté et oblique à 45° par rapport au plan occlusal (<xref rid="fig3" ref-type="fig">Fig. 3</xref>).</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Sur la mandibule de H98 ne subsistent que les racines des deux canines, des deux premières prémolaires et de la deuxième prémolaire droite ; les autres dents sont tombées avant la mort (<xref rid="fig4" ref-type="fig">Fig. 4</xref>). Les surfaces occlusales sont arrondies et celles des canines sont parcourues par des sillons transversaux, moins obliques que sur les incisives de H92. Les bords de ces sillons, une fois de plus, ne sont pas parallèles et leurs extrémités se poursuivent légèrement sur les faces adjacentes. À l’intérieur de ces deux sillons, la dentine secondaire est fortement lustrée. On observe sur le maxillaire des stigmates strictement complémentaires de ceux qui ont été observés sur la mandibule, ce qui témoigne d’une utilisation des dents en occlusion, la bouche fermée (<xref rid="fig5" ref-type="fig">Fig. 5</xref>). La première molaire droite présente, quant à elle, une très grande surface polie, comparable à celle de H92, qui descend depuis le plan occlusal de la couronne jusqu’aux deux tiers de la racine mise à nu (<xref rid="fig6" ref-type="fig">Fig. 6</xref>). Ce poli déborde sur la racine de la molaire voisine. De façon comparable, l’abrasion a transformé le bord incisif des dents antérieures en un plateau occlusal, fortement incliné vers la face vestibulaire. Cette inclinaison est d’autant plus marquée que les dents elles-mêmes ont aussi basculé vers l’extérieur.</p>
         </sec>
      </sec>
      <sec id="sec4">
         <label>4</label>
         <title>L’utilisation des dents comme outils</title>
         <sec>
            <p>L’usure dentaire de ces deux individus se distingue clairement d’une usure due à la mastication par la présence des sillons et du facettage des surfaces occlusales selon des orientations incompatibles avec le plan masticatoire présumé, quel que soit le régime alimentaire ou les facteurs abrasifs du milieu environnant <xref rid="bib29" ref-type="bibr">[29]</xref>. Cette usure artificielle n’est pas uniforme, mais nous observons plusieurs caractéristiques récurrentes : les sillons se situent exclusivement sur les dents antérieures et sont associés à un polissage de la dent. Ce polissage peut être convexe et couvrir la totalité de la dent, ou bien il peut être parfaitement plat et ne concerner qu’une partie de la surface occlusale, en général, celle qui se trouve en arrière du sillon. Ce type de polissage plat et oblique est aussi observé en l’absence de sillons sur les incisives de H98. En ce qui concerne les dents postérieures, le polissage est toujours abrupt et forme un angle proche de 90° avec le plan occlusal ; il envahit la totalité de la face linguale ou de la face mésiale de la dent.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Des sillons comparables n’ont été qu’exceptionnellement publiés et toujours pour des populations plus récentes <xref rid="bib3" ref-type="bibr">[3]</xref>, <xref rid="bib7" ref-type="bibr">[7]</xref>, <xref rid="bib14" ref-type="bibr">[14]</xref> and <xref rid="bib30" ref-type="bibr">[30]</xref>. Plus proche du contexte natoufien, des sillons similaires ont aussi été mentionnés pour la population néolithique du Sahara <xref rid="bib24" ref-type="bibr">[24]</xref> ou pour celle de Abu Hureyra en Syrie <xref rid="bib25" ref-type="bibr">[25]</xref>. Dans tous les cas, de tels stigmates sont interprétés comme le témoignage de l’utilisation des dents comme outils lors de la préparation de liens. L’hypothèse de liens en fibres végétales (tiges, écorces ou feuilles) a généralement la préférence des auteurs qui s’appuient sur des observations ethnologiques. Les dents sont utilisées pour diviser les fibres, éventuellement séparer l’écorce ou maintenir l’un des brins lors de l’opération de tressage <xref rid="bib33" ref-type="bibr">[33]</xref>. Mais il pourrait également s’agir de fibres animales (tendons, boyaux, peau), pour lesquelles les dents antérieures sont aussi sollicitées lors du travail d’assouplissement et de calibrage dans un mouvement susceptible de laisser sur les dents des sillons par abrasion comparable <xref rid="bib6" ref-type="bibr">[6]</xref>, <xref rid="bib18" ref-type="bibr">[18]</xref>, <xref rid="bib21" ref-type="bibr">[21]</xref> and <xref rid="bib27" ref-type="bibr">[27]</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Le polissage fortement incliné des dents supérieures est en revanche décrit plus fréquemment ; il est généralement attribué à la mastication des peaux (par exemple, <xref rid="bib16" ref-type="bibr">[16]</xref>, <xref rid="bib18" ref-type="bibr">[18]</xref>, <xref rid="bib19" ref-type="bibr">[19]</xref> and <xref rid="bib27" ref-type="bibr">[27]</xref>). Il a parfois été nommé par les anthropologues français le « signe du cordonnier » <xref rid="bib15" ref-type="bibr">[15]</xref>. De sources ethno-anthropologiques, les dents antérieures sont sollicitées, soit lors de la préparation du cuir, soit tout à la fin de la chaîne opératoire, pour assouplir un objet déjà terminé <xref rid="bib16" ref-type="bibr">[16]</xref>, <xref rid="bib18" ref-type="bibr">[18]</xref>, <xref rid="bib23" ref-type="bibr">[23]</xref> and <xref rid="bib27" ref-type="bibr">[27]</xref>. Les peaux sont tirées entre les dents d’arrière en avant et vers le bas ; il en résulte un polissage très oblique des molaires et des incisives <xref rid="bib11" ref-type="bibr">[11]</xref>, <xref rid="bib16" ref-type="bibr">[16]</xref> and <xref rid="bib18" ref-type="bibr">[18]</xref>. Une utilisation similaire des dents a aussi été décrite pour l’assouplissement des aliments séchés en vue de leur consommation ou pour l’écrasement de fibres végétales <xref rid="bib18" ref-type="bibr">[18]</xref>, <xref rid="bib23" ref-type="bibr">[23]</xref> and <xref rid="bib30" ref-type="bibr">[30]</xref>.</p>
         </sec>
      </sec>
      <sec id="sec5">
         <label>5</label>
         <title>Matériau travaillé et gestes effectués : discussion</title>
         <sec>
            <p>Il apparaît ainsi difficile de distinguer, par une observation macroscopique, l’origine animale ou végétale du matériau travaillé par les dents antérieures et postérieures. En revanche, les caractéristiques microscopiques de cette abrasion donnent des informations supplémentaires. Les micro-stries que nous avons pu observer au microscope électronique à balayage permettent tout d’abord de confirmer l’origine mécanique de l’usure. On observe effectivement, sur toutes les surfaces abrasées, des stries parallèles les unes aux autres, dont l’origine chimique ou taphonomique est exclue (par exemple, <xref rid="bib12" ref-type="bibr">[12]</xref>). Ce sont ces stries qui, par leur orientation et leurs caractéristiques (profondeur, largeur, forme, espacement et fréquence), permettent de discuter d’une part, des mouvements qui ont été donnés à l’objet et d’autre part, la nature de cet objet (par exemple, <xref rid="bib1" ref-type="bibr">[1]</xref> and <xref rid="bib10" ref-type="bibr">[10]</xref>).</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Les études archéologiques en tracéologie livrent des informations sur la formation et la spécificité des usures en fonction du matériau travaillé. Mais cette approche n’est pas entièrement satisfaisante pour interpréter les traces que nous observons, car les paramètres étudiés sont différents. Par ailleurs, rares sont les observations faites sur des stigmates microscopiques laissés par le frottement d’un objet sur la dentine <xref rid="bib29" ref-type="bibr">[29]</xref> ; ces stigmates se distinguent cependant nettement de ceux laissés par le même objet sur l’émail, qui est beaucoup plus résistant <xref rid="bib9" ref-type="bibr">[9]</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Néanmoins, de toutes les dents artificiellement abrasées que nous avons pu observer au MEB, une certaine homogénéité se dégage entre les stigmates et permet de proposer des hypothèses sur les gestes et le matériau travaillé. En ce qui concerne les dents antérieures, seuls les sillons de H98 ont pu être observés au microscope. Les stries y sont nombreuses et s’orientent parallèlement au grand axe du sillon (<xref rid="fig7" ref-type="fig">Fig. 7</xref>). Sur la surface polie en arrière du sillon, les stries s’orientent perpendiculairement à cet axe. Les caractéristiques quantitatives et qualitatives de ces stries photographiées sur la dentine secondaire se rapprochent davantage de celles qui sont laissées par le travail de fibres végétales. Il semble, en effet que l’abrasion obtenue par frottement de fibres animales, des tendons en particulier, se caractérise par des stigmates microscopiques différents avec des stries courtes et larges <xref rid="bib5" ref-type="bibr">[5]</xref>. Par ailleurs, le lustre très marqué qui a été observé sur certaines de ces dents antérieures est également en faveur d’un matériau fortement abrasif (plantes) ou d’une addition de particules abrasives au matériau travaillé <xref rid="bib5" ref-type="bibr">[5]</xref> and <xref rid="bib22" ref-type="bibr">[22]</xref>. Ceci, selon les observations faites chez différentes populations, ne semble pas être le cas pour l’assouplissement des tendons <xref rid="bib6" ref-type="bibr">[6]</xref> and <xref rid="bib27" ref-type="bibr">[27]</xref>.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>En ce qui concerne les molaires supérieures, le mouvement est clairement orienté du haut vers le bas et vers l’avant pour les deux individus. Les stries laissées par cet étirement du matériau sont nombreuses, très fines et régulières (<xref rid="fig8" ref-type="fig">Fig. 8</xref>). Elles plaident plutôt en faveur du travail de fibres végétales, fibres riches en silice et donc plus abrasives que d’autres matériaux (par exemple, <xref rid="bib13" ref-type="bibr">[13]</xref> and <xref rid="bib31" ref-type="bibr">[31]</xref>).</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>Finalement, l’étude macroscopique et microscopique confirme bien l’utilisation des dents comme outils dans une opération de transformation d’un matériau souple, plus probablement d’origine végétale. Les traces laissées sur les dents témoignent de gestes récurrents intégrés dans un processus opératoire fixe. Cependant, ces gestes ont dû se modifier au fur et à mesure de l’évolution de l’arcade dentaire et il est probable, en particulier, que les prémolaires, majoritairement perdues avant la mort, jouaient un rôle important dans cette technique. L’association des polis et des sillons suggère que le mouvement donné aux objets n’était pas unique et que sa transformation impliquait sans doute un enchaînement de gestes complémentaires.</p>
         </sec>
         <sec>
            <p>L’environnement de Mallaha, qui se situe à quelques centaines de mètres du grand lac Houleh, autorise l’hypothèse du travail de fibres végétales. En effet, l’analyse pollinique a mis en évidence, dans les niveaux anciens de Mallaha, l’importance des plantes aquatiques, identiques à celles qui poussent aujourd’hui, ainsi que la présence du saule <xref rid="bib17" ref-type="bibr">[17]</xref>. Il s’agit de plantes solides et flexibles typiquement utilisées pour la vannerie encore aujourd’hui.</p>
         </sec>
      </sec>
      <sec id="sec6">
         <label>6</label>
         <title>Conclusion</title>
         <sec>
            <p>Il apparaît que ces deux individus utilisaient leurs dents plus fréquemment que le reste de la population natoufienne, et pour une tâche spécifique. C’est peut-être la présence du lac à proximité du site qui fait de Mallaha un cas particulier. Non seulement il fournissait les plantes adéquates à la préparation de liens, mais encore l’exploitation de ses ressources a probablement encouragé leur fabrication, notamment pour des filets de pêche. L’ichtyofaune est, en effet, présente en quantité sur le site <xref rid="bib8" ref-type="bibr">[8]</xref>. Par ailleurs, le Natoufien ancien de Mallaha témoigne d’un fort degré de sédentarité plus propice qu’ailleurs au développement d’activités spécialisées. Et il semble effectivement que le travail de transformation des fibres soit une activité réservée à un petit nombre d’individus, qui jouent un rôle spécifique au sein de la communauté de Mallaha ou qui l’acquièrent par cette activité. Cette division du travail est remarquable dans ce contexte natoufien où le système économique et social est en cours de transformations majeures ; elle rapproche ces chasseurs/cueilleurs sédentaires épipaléolithiques des sociétés néolithiques qui vont suivre, où une répartition comparable des tâches a également été proposée <xref rid="bib25" ref-type="bibr">[25]</xref>.</p>
         </sec>
      </sec>
   </body>
   <back>
      <ack>
         <title>Remerciements</title>
         <p>Cette étude a été financée par le programme <italic>Training and Mobility of Researchers</italic> de la Communauté européenne. Le matériel a pu être étudié grâce à l’aimable autorisation de B. Arensburg et I. Hershkovitz (université Sackler de médecine, Tel-Aviv). Nous souhaitons aussi remercier F. Rouais, E. Pubert, H. Khalaily, T. Molleson, F. d’Errico et C.S. Larsen pour leur aide.</p>
      </ack>
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         <ref id="bib1">
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      <fig id="fig1">
         <label>Fig. 1</label>
         <caption>
            <p>H92 : Partie antérieure de la mandibule, vue supérieure. Les flèches indiquent la position et l’orientation des sillons.</p>
            <p>Fig. 1. H92: Anterior part of the mandible, superior aspect. Position and orientation of the grooves are shown by arrows.</p>
         </caption>
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      </fig>
      <fig id="fig2">
         <label>Fig. 2</label>
         <caption>
            <p>H92 : Partie droite du corps de la mandibule entre la première prémolaire et la racine mésiale de la seconde molaire (vue latérale droite). La flèche indique la présence d’une surface abrasée perpendiculairement au plan masticatoire.</p>
            <p>Fig. 2. H92: Part of the right mandibular body between the first premolar and the mesial root of the second molar (right lateral aspect). The arrow is pointing at an abraded surface perpendicular to the occlusal plane.</p>
         </caption>
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      </fig>
      <fig id="fig3">
         <label>Fig. 3</label>
         <caption>
            <p>H92 : Deuxième molaire supérieure droite, vue inférieure.</p>
            <p>Fig. 3. H92: Right upper second molar, inferior aspect.</p>
         </caption>
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      </fig>
      <fig id="fig4">
         <label>Fig. 4</label>
         <caption>
            <p>H98 : Partie antérieure de la mandible, vue supérieure. Les flèches indiquent la position et l’orientation des sillons.</p>
            <p>Fig. 4. H98: Anterior part of the mandibule, superior aspect. Position and orientation of the grooves are shown by arrows.</p>
         </caption>
         <graphic xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="main.assets/gr4.jpg"/>
      </fig>
      <fig id="fig5">
         <label>Fig. 5</label>
         <caption>
            <p>H98 : Partie antérieure du maxillaire, vue inférieure. La flèche indique la position et l’orientation d’un sillon qui vient compléter, en occlusion, celui observé sur la canine inférieure gauche.</p>
            <p>Fig. 5. H98: Anterior part of the maxillae, inferior aspect. The arrow is pointing at the position and orientation of the groove which is a continuation of the groove on the lower left canine (when the teeth are in occlusal position).</p>
         </caption>
         <graphic xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="main.assets/gr5.jpg"/>
      </fig>
      <fig id="fig6">
         <label>Fig. 6</label>
         <caption>
            <p>H98 : Première et deuxième molaires supérieures droites, vue linguale. Les flèches indiquent le plan d’abrasion.</p>
            <p>Fig. 6. H98: Right upper first and second molars, lingual aspect. The arrows are pointing at the abrasion plane.</p>
         </caption>
         <graphic xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="main.assets/gr6.jpg"/>
      </fig>
      <fig id="fig7">
         <label>Fig. 7</label>
         <caption>
            <p>H98 : Incisive latérale supérieure gauche : (<bold>a</bold>) grossissement de la face occlusale (× 22) ; (<bold>b</bold>) et (<bold>c</bold>) grossissement à l’intérieur du sillon (× 300 et × 3000).</p>
            <p>Fig. 7. H98: Left upper lateral incisor. (<bold>a</bold>) Magnification (× 22) of the occlusal surface; (<bold>b</bold>) and (<bold>c</bold>) magnification (× 300 and × 3000) inside the groove.</p>
         </caption>
         <graphic xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="main.assets/gr7.jpg"/>
      </fig>
      <fig id="fig8">
         <label>Fig. 8</label>
         <caption>
            <p>H92 : Deuxième molaire supérieure droite : (<bold>a</bold>) grossissement du bord vestibulo-mésial (× 35) ; (<bold>b</bold>) grossissement de l’émail (× 3000).</p>
            <p>Fig. 8. H92: Right upper second molar. (<bold>a</bold>) Magnification of the vestibulo-lingual edge (× 35); (<bold>b</bold>) Magnification of the enamel (× 3000).</p>
         </caption>
         <graphic xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="main.assets/gr8.jpg"/>
      </fig>
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